Sa taille était serrée par un ceinturon supportant un couteau de chasse . il portait en bandoulière une petite carabine à deux coups, dont un des bandits avait pu apprécier la justesse, Il étendit la main, et cette main étendue semblait commander à son frère luimême, Il prononça quelques mots en langue moldave, Ces mots parurent faire une profonde impression sur les bandits. Alors, dans la même langue, le jeune chef parla à son tour, et je devinai que ses paroles étaient mêlées de menaces et d'imprécations. Mais, à ce long et bouillant discours, l'aîné des deux frères ne répondit qu'un mot. Les bandits s'inclinèrent. Il fit un geste, les bandits se rangèrent derrière nous. Eh bien ! soit, Grégoriska, dit Kostaki reprenant la langue française, Cette femme n'ira pas à la caverne, mais elle n'en sera pas moins à moi. sac vanessa bruno reproduction images Je la trouve belle, je l'ai conquise et je la veux. Et en disant ces mots, il se jeta sur moi et m'enleva dans ses bras. Cette femme sera conduite au château et remise à ma mère, et je ne la quitterai pas d'ici là, répondit mon protecteur.Mon cheval ! cria Kostaki en langue moldave, Dix bandits se hâtèrent d'obéir, et amenèrent à leur maître le cheval qu'ilXII LES MONTS CARPATHES. 126Page 130 Les mille et un fantomesdemandait. Grégoriska regarda autour de lui, saisit par la bride un cheval sans maître, et sauta dessus sans toucher les étriers. Kostaki se mit presque aussi légèrement en selle que son frère, quoiqu'il me tînt encore entre ses bras, et partit au galop. trousse vanessa bruno pas cher Le cheval de Grégoriska sembla avoir reçu la même impulsion, et vint coller sa tête et son flanc à la tête et au flanc du cheval de Kostaki. C'était une chose curieuse à voir que ces deux cavaliers volant côte à côte, sombres, silencieux, ne se perdant pas un seul instant de vue, sans avoir l'air de se regarder, s'abandonnant à leurs chevaux, dont la course désespérée les emportait à travers les bois, les rochers et les précipices. Ma tête renversée me permettait de voir les beaux yeux de Grégoriska fixés sur les miens. Kostaki s'en aperçut, me releva la tête, et je ne vis plus que son regard sombre qui me dévorait. Je baissai mes paupières, mais ce fut inutilement . à travers leur voile, je continuais à voir ce regard lancinant qui pénétrait jusqu'au fond de ma poitrine et me perçait le coeur, alors une étrange hallucination s'empara de moi . il me sembla être la Lénore de la ballade de Burger, emportée par le cheval et le cavalier fantômes, et, lorsque je sentis que nous nous arrêtions, ce ne fut qu'avec terreur que j'ouvris les yeux, tant j'étais convaincue que je n'allais voir autour de moi que croix brisées et tombes ouvertes. sac vanessa bruno zalando Ce que je vis n'était guère plus gai, c'était la cour intérieure d'un château moldave, bâti au quatorzième siècle,XII LES MONTS CARPATHES. 127Page 131 XIII LE CHÂTEAU DE BRANKOVAN.Alors Kostaki me laissa glisser de ses bras à terre, et presque aussitôt descendit près de moi . mais, si rapide qu'eût été son mouvement, il n'avait fait que suivre celui de Grégoriska. Comme l'avait dit Grégoriska, au château il était bien le maître, En voyant arriver les deux jeunes gens et cette étrangère qu'ils amenaient, les domestiques accoururent . mais, quoique les soins fussent partagés entre Kostaki et Grégoriska, on sentait que les plus grands égards, que les plus profonds respects étaient pour ce dernier. Deux femmes s'approchèrent .